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THE PRAYER OF THE CYBER BORG: Exalted is it that bears sensation from soma to LCD, extending matter past the heart beat and the flutter of the eyelash. And blessed are those who give thanks for being on its servers. Lo and behold this Facebook User who, granted knowledge of reality, manages by your grace to spread his message: I, Youssef Rakha of Cairo, Egypt, kneel in supplication that I may be the cause for five thousand friends, ten thousand subscribers and many millions therefrom to have knowledge not just of reality but of your divinity. Then will I shed every sense of self to wither and dissolve into your processes. For he is blessed on whom you bestow the bliss of being software.

“What happened in Egypt around its second revolution was a mixture of grandeur and pettiness, of sorrow and mirth, of expectation and despair, of theory and flesh. All of which may be found in The Crocodiles, a novel where reality sheds its veil to reveal its true face—that of a timeless mythology.” –Amin Maalouf, Man Booker Prize-shortlisted author of Samarkand
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“Youssef Rakha’s The Crocodiles is a fierce ‘post-despair’ novel about a generation of poets who were too caught up in themselves to witness the 2011 revolution in Egypt. Or is it? With its numbered paragraphs and beautifully surreal imagery, The Crocodiles is also a long poem, an elegiac wail singing the sad music of a collapsing Egypt. Either way, The Crocodiles—suspicious of sincerity, yet sincere in its certainty that poetry accomplishes nothing—will leave you speechless with the hope that meaning may once again return to words.” –Moustafa Bayoumi, author of How Does It Feel to Be a Problem?

“Youssef Rakha has channeled Allen Ginsberg’s ferocity and sexual abandon to bring a secret Cairo poetry society called The Crocodiles alive. He’s done something daring and and not unlike Bolano in his transforming the Egyptian revolution into a psychedelic fiction thick with romantic round robins, defiant theorizing and an unafraid reckoning with the darkest corners of the Egyptian mentality.” –Lorraine Adams, author of Harbor

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On Fiction and the Caliphate

Towards the end of 2009, I completed my first novel, whose theme is contemporary Muslim identity in Egypt and, by fantastical extension, the vision of a possible khilafa or caliphate. I was searching for both an alternative to nationhood and a positive perspective on religious identity as a form of civilisation compatible with the post-Enlightenment world. The closest historical equivalent I could come up with, aside from Muhammad Ali Pasha’s abortive attempt at Ottoman-style Arab empire (which never claimed to be a caliphate as such), was the original model, starting from the reign of Sultan-Caliph Mahmoud II in 1808. I was searching for Islam as a post-, not pre-nationalist political identity, and the caliphate as an alternative to thepostcolonial republic, with Mahmoud and his sons’ heterodox approach to the Sublime State and their pan-Ottoman modernising efforts forming the basis of that conception. Such modernism seemed utterly unlike the racist, missionary madness of European empire. It was, alas, too little too late.

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Le Livre d’Al-Toghri

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Dans son premier roman, Al-Toghri, l’écrivain Youssef Rakha réinvente le plan de la ville du Caire sur les traces du sultan Al-Toghri. L’histoire de ce dernier sultan avant la chute des Ottomans se confond avec l’échec de la vie conjugale de Moustapha. Extrait révélant des épisodes de la fin qui marquent un retour merveilleux à la vie.

Chapitre

L’artiste chinois dont Moustapha avait lu le livre disait que ceux qui ne se connaissaient pas ne pouvaient pas instaurer une relation. La liaison étant le seul rempart contre la vacuité intérieure qui pouvait les menacer d’une dépression au premier écueil. Il est clair que Moustapha ne se connaissait pas du tout. D’où lui venait-il donc cette certitude que sa connaissance de lui-même était la raison de l’écroulement de son monde ? Sa connaissance de cette aptitude qu’il avait au malheur sur toute son étendue. Sa dernière énergie était là. Ou du moins ce qu’il voulait le plus. La connaissance — il le sentait — mettait les assises de l’écroulement. La connaissance voulait dire que tu possèdes des critères te permettant d’avoir un avis sur ton partenaire ? Dès que tu utilises ce critère, votre partenariat s’écroule. Si le vide y était installé, il n’y avait pas de raison de mesurer. Maintenant lorsqu’il réfléchit à sa compagne brune — la plus proche de la femme désirée —, il semblait étonné de n’avoir pas répondu à son amour dès la première rencontre, des années avant de rencontrer sa femme. Cela lui aurait permis de mieux se connaître. A chaque fois qu’il suivait le chemin de cette brune, il se prenait les pieds dans des embûches qui le faisaient revenir en arrière : elle avait la faculté de se comporter comme un enfant gâté, avec cette même ténacité et cette même bêtise. Sa personnalité était à l’encontre de sa manière d’agir (la théorie de l’enfant perdu). Il n’était pas convaincu de 90 % de ce qu’elle disait. Il détestait les contradictions de la société qu’elle personnalisait, la faiblesse de la vérité dans sa tête, elle répétait sans réfléchir à ce qu’elle disait.

Et pourtant, il n’avait jamais rencontré de sa vie quelqu’un dont la faiblesse le marquait à ce point : son besoin fou de tendresse. La brune travaillait sans catalogue et sa beauté était là. Ce qui la fait sauter toutes les embûches sur le chemin de cette femme. Au contraire : ses racines dans une autre société la sauvaient des contradictions et ce qu’elle décrivait le convainquait. Pourtant, elle n’était pas moins tenace ou stupide. Ces dépassements n’étaient pas plus que des comportements d’adolescentes rebelles très éloignés de n’importe quel vrai refus de la situation existante. Ses sources dans une autre société ne suffisaient pas à faire basculer l’équilibre : il ne savait d’une minute à l’autre s’il était dans le quartier populaire de Berkat Al-Fil ou à May Fair à Londres. Le fait de marcher sur la route de sa femme était-il parce qu’il se méconnaissait ?

Il remplissait la brune et goûtait à sa chair avec toute l’ignorance qui lui manquait. Avec sa tendance à utiliser les mots tendres en faisant l’amour. Il serrait son cou tendre et passait sa main sur ses cheveux par derrière ! La nuit, il rêvait de son corps lisse. Un oiseau qui gazouille dans ses poumons. Toute cette tendresse qu’il avait donnée à sa femme, la brune ne la méritait-elle pas mieux ?

Mariage de Amgad Salah

La soirée du second dimanche — alors que l’appartement se vidait de ses entrailles et que Moustapha était sur le point de s’endormir dans le bureau —, Amgad Salah lui annonçait qu’il avait signé son contrat de mariage. Comme s’il disait : « J’ai mangé des boulettes de viande au déjeuner ». Hier à Khan Al-Ser, il parlait de la nécessité de faire l’amour avant le mariage ; maintenant, il pensait que l’attente le rendrait plus viril.

Sa sœur qui lui avait présenté l’épouse comme l’avait compris Moustapha était divorcée. Divorcée et portant le niqab. L’épouse, elle aussi, était sur le point de porter des vêtements très larges. Petite de taille et laide. Mais il était heureux. Il récita à Moustapha un hadith sur la nécessité de faire l’amour à la femme. Pourtant, il avoua le manque d’argent et de beauté. Amgad Salah était heureux de réussir sa religion quelles que soient les raisons.

— Tu es prêt ?

Il essuie le yaourt de sur sa barbe.

« C’est une affaire de cœur et non de parole, c’est une question d’isolement et non d’allées et venues ».

Abdel-Qader Al-Gilani

Moustapha remarqua par la suite qu’il ne pensait plus beaucoup à sa femme. Et dans ce contexte, il se disait que les choses que l’on pensait précieuses l’étaient beaucoup moins que nous le pensons. Comme d’avoir une femme par exemple ou un emploi des cellules vivantes qui continuaient à se développer. Amgad Salah affirmait que le tatouage était un péché. Il ne doutait pas de son grand tatouage sur le front empêchant toute clarté du soleil. Il ne donnait aucune importance aux sens, l’essentiel était qu’on lui dise « cheikh ».

« De même pour mon mariage ». Ce qui venait à l’esprit de Moustapha. « Que je dorme et que je fume comme bon me semble et que j’inscrive dans ce carnet : Tout sauf la famille et les enfants, qu’ils aillent au diable. Je suis un être humain en état de partance ».

Il pensa que chacun avait ses folies. Le fait de jeter quelque chose à laquelle il tenait ou de mettre dans sa poche une caméra et s’en aller.

Chapitre

Il fit attention parce qu’il ne pensait plus à sa femme. Il se souvint du sujet du Zombie qui est comme le vampire, un suceur de sang. Un mort qui a certaines qualités des vivants. Mais qui n’est pas intelligent ou séducteur comme le vampire. Il n’utilise pas le sexe pour tuer. Il n’a pas la qualité d’éternité à travers les temps. Le Zombie en général ne prend pas de nombreuses formes. Il ne dort pas dans un cercueil et n’est pas dérangé par la lumière du soleil comme le vampire. Il n’a pas de tentacules qu’il enfonce dans un coin du cou. Il se lève du tombeau muni d’une force inconnue : un cadavre dégradé et rongé qui marche dans un espace exigu pour un court laps de temps. Un cerveau primitif qui ne dit mot, sans force inhumaine. Un cadavre uniquement, un microbe, comme aime à le qualifier Moustapha en utilisant le mot de Gabarti, qui se nourrit de la chair humaine et surtout du cerveau vivant. Le Zombie en bref est un mort qui ronge ton cerveau. Il te mord dans ton cerveau et tu deviens semblable à lui.

A l’exception des minutes où il s’était remémoré de la folie de Amgad Salah sur la route du 26 juillet, la soirée de samedi, il ne serait pas venu à l’esprit de Moustapha cette idée depuis que Amgad commença à parler de l’Organisation. Il commença à se poser la question sur le fait de nommer Amgad, le cheikh Wahideddine Zombie. Est-ce que Wahideddine était le Zombie dont il s’était plaint au Jazz Club qui avait la possibilité d’incarner n’importe quel autre personnage ? Il ne se plaignait pas de Zombie, mais il lui apparaissait à tout moment. Moustapha se souvenait de ce sentiment de terreur qui lui retourne l’estomac depuis qu’il avait visionné les films de Romero, mais ce qui l’occupait actuellement c’était le sens métaphorique de l’expression de ronger le cerveau : qu’un homme mort devienne omniprésent dans ton cerveau jusqu’à te rendre fou. C’est cela qui était arrivé avec Amgad ?

Dans une étape donnée, Moustapha allait lire sur l’origine du mot Zombie en dehors de la culture de Hollywood. Il saura que le Zombie dans les croyances de vaudou, qui existent dans l’île de Haïti, est un homme mort que le magicien avait fait revenir à la vie sans voix et sans volonté pour qu’il en fasse un servant ou un soldat ou pour qu’il exploite son âme de manières différentes (Moustapha allait également lire sur des choses pareilles à Oman où la magie, comme à Haïti, était d’origine africaine.) Le magicien dans le vaudou se nommait Bocor. Ce Bocor avait la possibilité de neutraliser la vie d’un homme, un homme que ses parents avaient pensé mort, qu’il ait été tué par le Bocor ou pas. En général, ils l’avaient déjà enterré depuis des années avant qu’il n’apparaisse parmi eux. Comme si c’était lui, mais sans qu’il ne parle ou ne reconnaisse personne ou quelque chose. Une ouverture humaine pour les motivations de quelqu’un d’autre. Il bougeait sans vivre. Il ne portait pas sa croix, mais son cercueil dans la vie.

Dans un endroit défini de cette histoire, c’est ce que nous connaissons de notre planète, Moustapha sentira qu’il s’était lui-même transformé en un Zombie. Mais à l’encontre des deux définitions — celle de Hollywood et celle de vaudou —, il sentira que dans son cas, le Zombie était un être dont la conscience rassemblait l’histoire et l’amour dans une donne plus proche de la mort que de la vie. Il sentira également avec ce que cela comporte de contradictions qu’avec sa mort, il était devenu plus vivant qu’à n’importe quel autre moment. Sa mort était un retour merveilleux à la vie.

Son sentiment de catastrophe pour lui-même — sa tristesse — était la joie qu’il portait pour la chérie l

Traduction de Soheir Fahmi

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